La réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères, tenue récemment au Caire, est importante en raison de deux considérations principales. Premièrement, l'action collective arabe a restauré une grande vitalité politique et sa capacité à agir au niveau international après des années d'inaction à la suite du chaos et des troubles dans la région arabe depuis 2011. Le résultat de cette réunion était une vision arabe qui peut être développée au niveau international pour faire face aux menaces iraniennes au Moyen-Orient.

Plusieurs points importants sont ressortis de la réunion ministérielle arabe, dont le plus important est le mandat du Groupe arabe à New York pour traiter les violations iraniennes de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant le développement du programme de missiles balistiques et son caractère offensant.et la menace que cela représente pour la sécurité nationale arabe. Le mandat appelle également le président du Conseil de sécurité à adresser les violations de la résolution 2216 du Conseil de sécurité liées au fait de fournir des armes aux milices terroristes au Yémen et à envisager de lancer un missile balistique iranien du territoire yéménite vers Riyad en tant qu'agression de l'Iran et une menace pour la sécurité et la paix nationales et internationales. Il appelle également le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Ce mandat arabe représente une étape importante sur le plan stratégique de la «construction d'une cause» dans les cercles internationaux. Il ne suffit pas que les Arabes agissent individuellement à l'ONU et au Conseil de sécurité; ils doivent travailler ensemble et utiliser toutes les cartes de pression disponibles pour construire une cause arabe à ajouter à l'agenda et aux discussions de l'ONU au cours des prochains jours.

Les Arabes ont de fortes cartes de pression et une grande capacité d’agir efficacement dans la diplomatie internationale. Il y avait un besoin urgent d'unifier les efforts et de coordonner une action à l'ONU et au Conseil de sécurité.

La réunion, qualifiée d '"historique" par Son Excellence Anwar Gargash, ministre des Affaires étrangères des EAU, a garanti l'inclusion des interventions iraniennes dans les affaires intérieures arabes à l'ordre du jour des forums de coopération arabes avec les acteurs internationaux et régionaux et a demandé au Secrétaire général de la Ligue des États arabes de suivre la mise en œuvre de cette résolution et de présenter un rapport, à la prochaine session de la réunion, sur les mesures prises.

Les Arabes ont convenu de condamner le ciblage de Riyad par un missile balistique construit par l'Iran à partir du Yémen contrôlé par le groupe Houthi, le droit saoudien à la défense tel que stipulé dans l'Article 51 de la Charte des Nations Unies, soutenant les actions à mener contre les violations iraniennes dans le cadre de la légitimité internationale, et condamner tous les actes terroristes perpétrés par l'Iran au Royaume de Bahreïn, y compris le dernier attentat à la bombe contre un oléoduc bahreïnien, en tant qu'acte terroriste perpétré par un groupe soutenu par la Garde de la Révolution iranienne-- un message clair à l'Iran qu’il ne peut pas diviser l'unité des pays arabes.

La réunion a également souligné sa condamnation de l'occupation iranienne des trois îles des Emirats (Grande Tomb, Petite Tomb et Abou Moussa) et son soutien à toutes les mesures pacifiques prises par les Emirats Arabes Unis pour rétablir la souveraineté sur ses îles occupées conformément au droit international. La réunion s'est opposée à la politique sectaire du gouvernement iranien et à son interférence permanente dans les affaires arabes, exhortant l'Iran à cesser de soutenir les groupes participant aux conflits régionaux, en particulier dans la région du Golfe. Une demande a été faite de cesser de soutenir et de financer les milices et les partis armés dans les pays arabes, de cesser de soutenir et d'armer les milices au Yémen, qui menacent la navigation dans le détroit de Bab al-Mandab et la mer Rouge, en une violation flagrante de la Résolution  2216 du conseil de Sécurité.

La réunion a critiqué l'ingérence iranienne dans les affaires intérieures des pays arabes par le soutien du terrorisme et l’entraînement des terroristes, par le trafic des armes et des explosifs, l’incitation aux conflits sectaires par des déclarations faites à différents niveaux, par l’établissement, le financement et la formation par la Garde révolutionnaire et le Hezbollah libanais de groupes terroristes opérant en Arabie Saoudite.

Les déclarations hostiles des responsables iraniens ont été dénoncées et le gouvernement iranien a été prié de renoncer à la rhétorique hostile et aux actions provocatrices qui menacent la stabilité régionale. Il a été décidé d'interdire les chaînes satellitaires financées par l'Iran, qui sont diffusées sur les satellites arabes, les considérant comme une menace pour la sécurité nationale arabe et comme une incitation aux groupes sectaires et ethniques. Dans la déclaration finale, le Hezbollah libanais a été nommé organisation terroriste.

Bien qu'il n'y ait pas eu de consensus entre tous les pays arabes en ce qui concerne la menace iranienne, les puissances centrales arabes capables d'influencer l'action commune arabe pendant la phase actuelle étaient présentes et ont pris part à la réunion du Caire. Cela souligne l'importance de ses résolutions sans minimiser ou réduire le rôle des autres États.

En général, cette réunion est une première étape vers l'établissement d'une action collective efficace pour répondre aux menaces de l'Iran sur le plan international mais pacifiquement. Cela ouvre la voie à la possibilité de mettre le dossier sur la table du Conseil de sécurité plus tard si nécessaire.