La Russie a réalisé de grands succès dans la lutte contre le terrorisme et libéré les grandes zones syriennes des mains de Daech. Les autorités russes ont récemment confirmé la libération d'environ 95% du territoire syrien. La Russie a joué un rôle essentiel dans l'éradication et l'élimination de la menace de l'Etat présumé d'al-Baghdadi, qui a suscité des inquiétudes dans la région et dans le monde ces dernières années.

Ces succès peuvent servir de base au fort retour de la Russie dans la région arabe, à condition que son rôle dans la lutte contre le terrorisme soit positivement investi. Les relations entre le Golfe et les pays arabes avec la Russie se sont redressées au cours de la période récente. Les Emirats Arabes Unis, l'Egypte et l'Arabie Saoudite sont les leaders du travail collectif arabe dans la phase actuelle.

Renforcer le rôle de la Russie au Moyen-Orient est un objectif stratégique essentiel pour le Kremlin. Cet objectif a ses racines. Premièrement, la Russie devrait se présenter de nouveau aux peuples arabes. Cela nécessite de nouvelles entrées. Le russe devrait se repositionner dans le réseau des relations régionales et éviter le biais absolu de l'Iran. Moscou doit tenir compte des intérêts du Golfe et des pays arabes, qui s'inquiètent de l'expansion iranienne dans plusieurs pays dont l'Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen.

La lutte contre le terrorisme n'est pas le seul fondement sur lequel la Russie peut s'appuyer. Il y a un autre rapprochement important avec l'Arabie Saoudite, étant donné son poids stratégique et son grand statut régional. La récente visite du roi Salman bin Abdulaziz à Moscou n'était pas un événement ordinaire. La visite est un développement régional et international, reflétant des changements dans la coalition internationale et dans les règles du jeu politique au stade actuel.

Certains observateurs pensent que Poutine ne changera pas ses positions et ses politiques pour plaire aux pays du CCG. Un État majeur ne modifiera pas ses politiques sans intérêts stratégiques. Au lieu de l'idéologisation et des slogans populistes, les relations internationales sont gouvernées par la recherche d'intérêts communs dans les positions et les politiques.

La Russie a une occasion précieuse de se présenter sous un nouveau jour dans la région arabe et du Golfe sur de nouvelles bases. Cependant, ce n'est pas une priorité absolue dans les calculs du décideur russe, qui a opposé son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU visant à étendre la mission du comité d'enquête international sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie.

Par ce veto, la Russie a soutenu la Syrie pour la dixième fois au Conseil de sécurité de l'ONU. Mais la dernière fois semble être motivée par de nombreuses raisons, non seulement pour apporter un soutien absolu au régime syrien. Indépendamment des raisons et des motifs, les politiques de la Russie dans la région doivent prendre une direction différente et opérer d'une manière différente qui prend en compte les intérêts des pays arabes.

La Russie essaie d'établir sa position d'alliée loyale et solidaire. Mais les conditions dans la région exigent un rôle russe plus neutre dans le traitement des questions régionales. Le Kremlin a déjà l'occasion d'utiliser ses capacités, son influence et son réseau de relations et d'alliances pour atteindre la sécurité et la stabilité. Par exemple, la Russie pourrait freiner l'expansion de l'Iran et faire pression sur Téhéran pour qu'il arrête les interventions pro-Houthi au Yémen. Moscou pourrait également jouer un rôle essentiel dans la réduction de l'influence iranienne dans la Syrie d'après-guerre.

La Russie a l'occasion de renforcer son rôle de partenaire diplomatique clé dans l'équation de la sécurité dans la région du Golfe et au Moyen-Orient.