Il y a quelques semaines, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a déclaré que la crise avec le Qatar était « une très très très petite affaire». Ce jour-là, le Qatar a tenté de semer la confusion autour des buts et objectifs de cette déclaration importante et ses dimensions réelles. Il a donc essayé de déformer le sens de cette déclaration en prétendant que le prince entendait diminuer la valeur du Qatar vu que c’est un petit pays, contrairement au vrai sens de la déclaration qui a été compris par tout le monde.

Les tentatives du Qatar et de ses médias  dans ce sens ont été vaines comme je m'y attendais à l'époque. J’ai mentionné dans un article précédent que le Qatar a traité cette déclaration avec un grand intérêt, s’étant vite rendu compte que cela signifie que la crise est vouée à l'oubli, et que l'évolution rapide des événements dans notre région fera que la crise du Qatar deviendra une question absurde, et c'est ce qui est arrivé!

Le Qatar pariait sur le fait que sa crise avec les quatre pays appelant à la lutte contre le terrorisme serait à la tête des préoccupations, et que sa procrastination poussera inévitablement le monde à faire pression sur les quatre pays pour résoudre la crise, ce qui donnerait à la direction qatarie une rare occasion de revendiquer une victoire politique sur la volonté de ces pays. Mais ses calculs n’ont pas été exacts, à cause de la faible vision stratégique des décideurs qatariens, et du manque de conscience des dimensions du moment historique actuel dans la région, caractérisé par plein de variables et d'événements dont il est difficile de prévoir le dénouement, d’autant plus que la région est sur le point de vivre de grandes transformations à la lumière de la fin du conflit en Syrie et de la défaite du terrorisme et du début de la recherche d'un règlement politique de ce dossier complexe.

Qui se souvient du Qatar et de la crise maintenant sous le danger des menaces iraniennes croissantes, et à la lumière des sommets successifs à Sotchi, Riyad et Le Caire à la recherche d'un règlement définitif à la crise syrienne ? Et qui se souvient de la crise du Qatar au milieu du déluge de reportages sur la crise du Liban et la démission du Premier ministre Saad Hariri et son retour? Et Qui se souvient de cette crise à un moment où les Arabes se sont tournés vers leur Ligue pour construire une position collective commune contre les menaces iraniennes?

L’esprit politique qatari n’a pas prêté attention à tout cela, et ne s’est pas rendu compte que la poursuite de la crise dans le temps était une vraie catastrophe par toutes les normes pour l'économie du pays et un appauvrissement sans précédent des réserves et des fonds accumulés par le Qatar via les ventes du pétrole et du gaz au cours des dernières années et décennies.

L’opiniâtreté a dominé, et domine encore au Palais du gouvernement qatari, et la direction qatarie toute entière s’est mise à se vanter et à prétendre que le silence des quatre pays au cours de la période précédente était le reflet de l'absence d'alternatives et du manque de positions. L’Emir du Qatar et son cercle ne se sont pas rendu compte  que les quatre pays étaient préoccupés par des questions plus profondes, plus graves et plus importants que cette «  très très très petite  question», et que lorsque le prince héritier saoudien a fait cette déclaration il pensait exactement ce qu'il a dit, car il n’est pas un partisan de la machination politique et n’a aucune intention de se chamailler. Il est par contre un leader courageux, franc, direct et audacieux et a été strict dans son diagnostic et sa caractérisation des évènements et développements dans la région.

Ce qui se passe maintenant est que les responsables qatariens se rendent aux plateformes médiatiques afin de rappeler l’opinion publique de leur crise, dans le but de trouver quelqu’un qui puisse les écouter au milieu ce flot de nouvelles en provenance du Moyen-Orient!

Nous avons remarqué une succession de plusieurs réunions et de longues déclarations  de responsables quatariens publiées dans les médias ces derniers jours, y compris le Premier ministre et ministre de l'Intérieur Abdullah bin Nasser Al Thani, qui a adopté une nouvelle approche et a fait des déclarations provocatrices dans l’espoir qu’elles poussent les médias à les mettre à la tête des nouvelles et rapports publiés, mais cela ne pourrait point arriver au milieu des développements rapides que vit la région!

« Le Qatar n'est pas une cible facile »", a déclaré Al Thani, jouant le rôle de ministre de la défense. Qui vous a dit que le Qatar est ciblé par quiconque ou qu’il y a des parties qui planifient de le faire ? Cela se passe uniquement dans l'imagination de votre palais. Quant au ministre des Affaires étrangères qatarien Mohammed Abdel-Rahman al-Thani, il a déclaré dans un communiqué au réseau « CNN » aux Etats-UNis, que les quatre pays adoptent « des moyens d'intimidation et des préjugés envers la souveraineté des pays voisins. Ces pays ont commis d’innombrables crimes pour faire taire les opposants et ont créé des crises humanitaires et coupé les moyens de communications. Ils ont aussi manipulé les marchés et ont pratiqué l’intimidation envers les États de taille inférieure, et ont eu recours au chantage et au terrorisme des citoyens et à la diffusion de l'anti-propagande pour discréditer le Qatar. » L'homme parle-t-il vraiment des quatre pays?! Ces pays ont-ils vraiment fait taire les opposants, retiré leurs nationalités et menacé leurs tribus de les frapper avec des armes de destruction massive?!

Ces méthodes ne fonctionnent pas, même si vous avez mis en garde contre « la phase difficile que connaîtra la région du Golfe. » Le Qatar ne fera aucune différence si des confrontations, à Dieu ne plaise, se produisent dans notre région. Notre Golfe est uni et vaincra tous ceux qui ont l’intention de menacer sa sécurité et sa stabilité, si Dieu le veut. Vous devez admettre que le fait que votre crise a été oubliée a suscité chez vous la peur d’être exposés et de mettre à jour votre ignorance devant votre peuple, auquel vous avez vendu l’illusion que tout le monde est perdant sauf le Qatar, mais il a fait face à la vérité amère que le Qatar fait face à la perte certaine à cause de l’isolement qu’il a choisi pour lui-même.