Le groupe Houthi a fourni à l'alliance dirigée par l'Arabie saoudite toutes les preuves pour condamner cette entité voyou. Qu'il s'agisse de lancer des missiles balistiques sur des civils saoudiens ou de menacer de cibler des pétroliers, les Houthis ont confirmé au monde le danger croissant qu'ils représentent pour la sécurité régionale et mondiale, un danger encore plus grand si nous prenons en considération qui se tient derrière ce groupe.

Il y a quelques jours, après qu'un missile balistique ait visé la capitale saoudienne Riyad, un site internet houthi a cité un commandant militaire disant que son groupe menaçait de cibler des pétroliers, et que les mouvements des pétroliers via Bab al-Mandeb « ne sera pas en sécurité si le commandement suprême le veut ».

Le détroit de Bab-el-Mandeb au sud de la mer Rouge est l'un des plus importants corridors commerciaux au monde pour les pétroliers, passant par sa côte en route du Moyen-Orient via le canal de Suez vers l'Europe. C’est un canal vital du commerce international, à travers ce détroit passe des milliers de pétroliers du Golfe et d'autres cargaisons entre l'Asie et l'Europe, le bassin méditerranéen et l'Amérique du Nord. On estime que 13% de la production mondiale de pétrole, soit environ 5 millions de tonnes, passe chaque jour à travers le détroit vers le canal de Suez et de là vers le reste du monde. Le détroit stratégique est donc au cœur de la paix et de la sécurité internationales. Le menacer ne devrait pas passer inaperçu. Une position internationale ferme contre le groupe Houthi soutenu par l'Iran est nécessaire.

Pour comprendre la menace, nous devons savoir que le soutien aux Houthis est l'un des fondements de la stratégie iranienne au Yémen. Le régime iranien tente de prendre pied au Yémen pour contrôler l'entrée de la mer Rouge et par conséquent accéder à plus de cinq millions de barils de pétrole par jour. Il veut également imposer un blocus stratégique aux pays de la région et avoir une forte carte de pression contre l'Egypte, qui s'appuie principalement sur le canal de Suez à l'autre bout de la mer Rouge.

Une solution qui semble inévitable au Yémen est d'arrêter la contrebande d'armes iraniennes au groupe rebelle. Il est difficile de prédire la fin de la crise au Yémen alors que les approvisionnements continuent à venir aux Houthis et à la milice du président déchu Saleh alors qu'ils propagent le chaos dans le pays.

La milice Houthie est également la principale responsable de la crise humanitaire au Yémen, à la suite de la prévention de l'aide humanitaire à la population. Ils ont enlevé des employés d'organismes d'aide internationaux, notamment la Croix-Rouge et Médecins sans frontières. Ils ont également causé des victimes civiles en transformant les hôpitaux et les écoles en quartier général militaire. Nous ne devons pas oublier qu'un dirigeant houthi a récemment appelé à fermer les écoles et à recruter des élèves dans les milices.

Il est très important que le monde prête attention aux conséquences de la réticence à faire pression sur l'Iran pour qu'il cesse d'intervenir au Yémen. Les indicateurs actuels annoncent plus de danger si le groupe voyou cible réellement les pétroliers, ce qui menacerait l'économie mondiale. Les organisations terroristes pourraient se répandre à nouveau au Yémen. L'alliance arabe se bat pour empêcher cela, mais la victoire n'est pas garantie car le vide du pouvoir persiste dans le pays.

Après la défaite de Daech en Syrie et en Irak et la suspension d'Al-Qaïda au Yémen, en plus de l'arrêt du soutien financier qatari au terrorisme, il y a un certain besoin d'un rôle international pour freiner l'interférence iranienne au Yémen pour mettre fin à cette criseet apporter la sécurité et la stabilité au pays déchiré par la guerre.